Le monde vient de publier une tribune plutot interessante, oeuvre du sociologue Geoffroy de Lagasnerie. Elle s’attaque au consensus qui regne a gauche comme a droite concernant la denonciation de l’individualisme (voir la copie de la tribune, en bas de post, repoduite avec l’aimable autorisation du mouvement « Dissidence individualiste »)

La conclusion de cette tribune: le rejet de l’individualisme n’est pas revolutionnaire mais bien reactionnaire. A bien y reflechir, ce constat  n’a justement rien de vraiment neuf. Que l’on sache, les moutons n’ont jamais fait la revolution.

C’est precisement la que se situe la ligne de demarcation entre socialisme et anarchisme, ligne beaucoup plus profonde que celle qui separe la « gauche » de la « droite ». Historiquement la gauche rassemble les personnes s’opposant au systeme politique en place (en se situant a gauche de l’hemicycle) alors que les anarchiste sont ceux qui s’opposent au principe meme d’un systeme politique. Ce debat n’est pas neuf et il est etonnant qu’un « sociologue » ne dispose pas des references historiques qui sont pourtant rapidement accessible a tout curieux sur le net. 

Car le fait que des mouvements sincerement revolutionnaire (c’est a dire voulant mettre a bas les institutions existantes), ne s’appuient pas sur une mythologie social mais sur une approche indiviudelle n’est en rien chose nouvelle. Que nos grands  intellectuels qui pretendent theoriser le courage des autres aient des trous de memoires selectifs n’est pas non plus etonnant. Se focaliser sur les agreables radotages d’un Badiou  ne permet pas vraiment d’elever le niveau, ce qui semble etre pourtant l’objectif de cette tribune. 

Il y’a donc un oubi dommageable, peut etre commis pour ne pas effrayer la direction du Monde et arriver ainsi jusqu’a la presse. En effet l’histoire de  l’anarchisme semble etre traveseee par un tel questionnement concernant les fondements de la « dissidence » et l’emergence d’un anarchisme individualiste fut la consequence d’unb dechirement entre socialistes et individualistes.

Les socialistes, comme leur nom l’indique, sont ceux qui ne voient l’existence humaine a travers le prisme de la socialisation. Pour eux la dimension individuelle est marginale ou du moins elles ne les interresse beaucoup moins que son conditionnement social: ce sont les relations, les chocs entre individus qui ecrivent « l’Histoire ».  Ce qui a un inteert superieur c’est l’histoire.Les socialistes considerent qu’il existe une entite agissante supra individuelle ayant une reelle action superieurement decisive sur le cours de l’histoire. En cela on reconnait entre autre l’influence profonde du marxisme mais pas seulement, car depuis les debut de l’anarchisme l’importance du  communautaire a ete une constante. Ce qui unit tóutes ces conceptions c’est l’idee d’un interet general

Pour d’autres, au contraire, le socialisme est un mythe alienant, une construction mental qui n’a pour effet que de justifier et de renforcer l’alienation social qui enferme les individus dans une obeissance aveugle qui aboutit necessairement a l’oppression.

Je pense personnelement que le socialisme est la negation de l’anarchisme et qu’il est la base de l’oppression, le fondement du capitalisme et que ce n’est que paradoxalement, par confusion qu’il est devenu un concept revolutionnaire. Si cela a ete rendu possible c’est parce que L’histoire de la gauche s’est construit par reaction et n’a jamais abouti a une reflexion vraiment globale. Reaction a la puissance et la violence des classes dirigeante. Et cette reaction n’ a pas permis

 La composante individaliste de l’anarchie a ete defendue par des figures qui ont connu en leur temps un certain aura (Sebastien Faure) mais qui n’a pas vraiment survecu a l’experience bolchevique qui a polarise le debat politique a son profit et meme largement servi de la violence pour annihiler physiquement des alternatives politiques plus libertaires (anarchistes ukrainiens et espagnols).

Et donc meme si on peut regretter cet oubli il faut bien constater avec l’auteur que cette importante mouvance politique qui a secoue la vie politique d’avant la premiere guerre mondial n’a pas d’echo dans notre imaginaire politique, meme pas dans la tribune de Lagasnerie. En effet, il faut bien constater que meme les developpemen recents, un peu plus radicaux, qui ont eu un certains succes aupres de ma generation, ne font que tinter cranement d’un peu d’anarchisme le vieux fond communiste (typiquement: « l’insurrection qui vient ». Il ne s’agit de raviver l’individu et son esprit critique et le violence de son depis que dans la premiere partie, comme force d’opposition au regime. Ensuite il disparait de la seconde, c’est  a dire du volet des solutions.

    et qu’il serait temps de nous sortir une autre musique pour expliquer l’echec repete de notre societe occidental qui s’apparente maintenant a un veritable cataclysme.

Cela fait des milliers d’anne que la civilisation est un processus malheureux ou les hommes s’affrontent pour un quotidien qui pour la vaste majorite s n’est que penurie et peur du lendemain teinte d’ennui et de depression. Pour remedier au spleen, tout a ete essaye. Il a fallu trouver un bouc emissaire, incarner le mal. Ce fut la religion La religion a d’abord servi a etouffer cette nature rebelle qui reveillait en l’homme le desir puissant de la liberte non civilisee. Sexe, esprit curieux et critique, toute les expressions foisonnante de la nature humaine ont ete reduite siecle apres siecle a l’etat d’un noeud de terreur s’exprimant dans un art triste et une litterature

Depuis quelques années, une obsession s’est emparée de notre vie intellectuelle : le néolibéralisme. Reprise de livre en livre, de tribune en tribune, l’idée selon laquelle l’enjeu essentiel de notre temps serait de dénoncer l’invasion des logiques néolibérales ne cesse de s’imposer.

Le néolibéralisme, nous affirme-t-on en effet, transformerait le fonctionnement du monde contemporain. Il redéfinirait, bien sûr, les règles de l’économie. Mais plus grave, il bousculerait l’organisation traditionnelle de la société. C’est tout l’ordre social qui serait ébranlé par cette irrésistible lame de fond, et toutes les institutions sur lesquelles il repose (l’Etat, l’école, la famille, le droit, etc.) qui s’en trouveraient affectées : réfléchir sur ce qui se passe aujourd’hui, établir le diagnostic de notre présent, ce serait donc nécessairement devoir se pencher sur ces mutations, afin d’en évaluer les dangers et de forger des instruments pour leur résister.

On aurait pu espérer que tant d’attention portée à un même sujet donne naissance à une production particulièrement riche et inventive sur le plan des idées. Hélas ! Nous assistons plutôt à une uniformisation et à une limitation de la vie intellectuelle.

De la droite (Marcel Gauchet) à la gauche pseudo-révolutionnaire (Alain Badiou), de la gauche conservatrice (autour de la revue Esprit ou de la République des idées de Pierre Rosanvallon) à celle qui se présente comme radicale (autour d’Antonio Negri et de la revue Multitudes), on voit fleurir des analyses quasi superposables, qui mobilisent les mêmes perceptions, les mêmes grilles de lecture.

Et au coeur de ce concert unanime où le réflexe tient lieu de pensée, on trouve, bien sûr, une dénonciation de l’individualisme. Le néolibéralisme instaurerait le règne du moi, de l’égoïsme, du repli sur soi. Il fabriquerait un néosujet, l’homo oeconomicus, qui n’aurait aucun sens de la communauté, du collectif et ne se considérerait plus comme membre d’un groupe qui le dépasse : privilégiant toujours son intérêt particulier, il n’accepterait plus de se soumettre aux exigences indispensables pour faire ou refaire société (les normes ou les valeurs partagées, la réciprocité). Le sens du « social », de l’« institution commune », du « vivre ensemble » lui serait étranger : aujourd’hui, le « nous  » serait subordonné au « je ».

Dans ce portrait apocalyptique de nos sociétés que tant d’auteurs se plaisent à brosser, la critique des ravages du néolibéralisme économique passe vite au second plan. Car ce qui est ici constitué comme l’enjeu principal, pour ne pas dire unique, c’est la remise en cause des carcans collectifs qui enserraient et dirigeaient les actions individuelles.

La logique du marché et de la satisfaction particulière se développerait au détriment de l’obéissance à la morale, à la religion, à l’Etat, à la politique, etc. Ces instances régulatrices perdraient leur force prescriptrice. Et cette insoumission généralisée aux principes supérieurs aurait des conséquences désastreuses.

D’une part, elle provoquerait une crise du « lien social » (la désaffiliation), du soin mutuel (le »care ») et le délitement des solidarités. Mais surtout, elle engendrerait une multiplication des mouvements minoritaires, ces phénomènes pathologiques au sein desquels les individus réclament des droits (on pourrait appeler cela… la démocratie) et où ils expriment leur refus de s’aliéner au monde du « symbole » et de la « loi » au nom de leur désir.

Dernier échantillon en date de cette litanie : l’ouvrage La Société des égaux (Seuil, 428 p., 22,50 euros), où Pierre Rosanvallon prétend que le néolibéralisme engendrerait une « décomposition des démocraties-sociétés » ! L’individu néolibéral ne serait plus un « citoyen ». Ce serait un « consommateur », et, par conséquent, un être « diminué », « a-social », qui ne se définirait plus dans un lien avec autrui.

Et si cette désinscription par rapport à l’ordre des obligations sociales a pu être perçue, un moment, comme émancipatrice, elle déboucherait au final sur un démantèlement des institutions collectives : l’accroissement des marges de liberté individuelle aurait été payé au prix d’une « communautarisation des singularités » et d’une « destruction du monde commun ».

Loin d’être originale, cette manière de voir constitue en fait, depuis plusieurs années, l’évidence partagée dans tous les secteurs de l’espace intellectuel et politique (ce qui nous imposerait d’ailleurs de nous pencher sur un phénomène curieux : pourquoi des auteurs – ou, du moins des individus qui se pensent comme tels – se succèdent dans l’espace public pour écrire ce qu’il est déjà possible de lire partout ailleurs et dire des choses mille fois dites et redites ?). On pourrait citer les écrits du sociologue Luc Boltanski.

Mais l’on se contentera ici de mentionner Alain Badiou. Car l’auteur de L’Hypothèse communiste (Nouvelles éditions Lignes, 2009) perçoit lui aussi la situation contemporaine comme marquée par une « commercialisation universelle », une « crispation identitaire », et une « dilution sociale « .

Et c’est la raison pour laquelle il appelle à ressusciter l’« idée communiste « , seule capable selon lui de favoriser le sentiment de chacun « d’appartenir à un même monde » et le « développement du même », contre la dynamique négative, car singularisante, des affirmations identitaires.

Evidemment, on ne peut que souscrire à l’objectif apparent de tous ces discours : dénoncer les effets désastreux du néolibéralisme. Mais derrière cette louable intention, se dissimule en fait un tout autre projet politique, particulièrement inquiétant, et même potentiellement dangereux.

Quelle est en effet la hantise qui traverse ce dispositif idéologique ? Ce sont moins les inégalités que ce qui est désigné comme l’« atomisation de la société » et la pluralité. Par conséquent, la volonté de reconstruire le « lien social », de redonner du sens à la vie en « commun  » pourrait bien, sous couvert de s’en prendre au néolibéralisme, n’être qu’un effort réactionnaire pour annuler l’une des caractéristiques majeures des sociétés démocratiques : l’individualisation et la différenciation des modes de vie, et la prolifération des mobilisations minoritaires.

Dans les appels à restaurer le « vivreensemble » contre l’individualisme, les « valeurs collectives » contre l’« intérêt particulier », le goût de l’échange et des humanités contre la marchandisation se dissimulent des pulsions d’ordre, des aspirations autoritaires fort peu conformes à ce que l’on est en droit d’attendre d’une théorie radicale – et même, tout simplement de la gauche.

Illustration particulièrement symptomatique, l’ouvrage La Nouvelle Raison du monde (La Découverte, 2009), de Pierre Dardot et Christian Laval – qui coaniment, avec Antonio Negri, un séminaire intitulé « Du public au commun ». Leur texte, qui vaut surtout comme incarnation idéale – typique du paradigme contemporain -, montre à quel point la critique du néolibéralisme tend à s’opérer au nom de fantasmes de régulation et d’encastrement particulièrement régressifs et effrayants.

Selon eux « l’affaiblissement de tout idéal porté par les institutions communes » donnerait naissance à une « désymbolisation » générale. La logique néolibérale détruirait les interdits qui structuraient le sujet. Elle générerait une crise des « voies normatives » et des transcendances « régulatrices ».

Bref, tout se passe ici comme si la dangerosité du néolibéralisme résidait dans le fait que, à cause de lui, les individus étaient moins assujettis à la loi commune… et profitaient ainsi d’une possibilité plus grande de choisir la vie qu’ils veulent vivre ! On croirait lire du Benoît XVI : « Le rapport entre générations comme le rapport entre sexes, autrefois structurés et mis en récit par une culture qui distribuait les places différentes, sont devenus pour le moins incertains. Aucun principe éthique, aucun interdit, ne semble plus tenir face à l’exaltation d’un choix infini et illimité. Placé en état « d’apesanteur symbolique », le néosujet est obligé de se fonder lui-même, au nom du libre choix, pour se conduire dans la vie. Cette convocation au choix permanent, cette sollicitation de désirs supposés illimités fait du sujet un sujet flottant : un jour, il est invité à changer de voiture, un autre de partenaire, un autre d’identité, un autre encore de sexe, au gré du jeu de ses satisfactions et insatisfactions. »

Elaborer une pensée de gauche aujourd’hui nécessiterait de tourner le dos à de telles incantations. Il nous faut fabriquer une nouvelle théorie critique, qui ne fonctionnerait pas comme une machine à dénoncer le matérialisme, l’individualisme, voire, tout simplement, la liberté, au point de faire l’éloge de l’ordre, de l’Etat, de la norme collective. Karl Marx s’en prenait, en son temps, à ce qu’il appelait la « critique précapitaliste du capitalisme ».

Il nous faut aujourd’hui rompre avec la critique prélibérale du néolibéralisme. Ce qui nous imposerait de nous placer résolument du côté du désordre, de la dissidence, et donc de l’émancipation.


http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/09/24/vive-l-individu-dissident_1577250_3232.html

Cette tribune me coupe un peu l’herbe sous le pied. L’envie d’ecrire quelques pages vantant les merites de l’individus et le necessaire combat contre la socialisation

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