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Rostadalen

 

 

Introit

 

Nous avons dans nos corps, dans nos reves, le souvenir d’un monde perdu. Ce monde est un monde immense et nous devons mourrir pour qu’il advienne.

C’est pour cela qu’ Asa etait calme. Car elle allait bientot mourrir.

La bas, invisible, se tenait un autre lieu , peuplé, ou toute vie avait disparu depuis longtemps, eteinte dans une course nerveuse vers l’instant inexistant.

Ici, il n’y a rien de tout cela. Malgres la marque des ans, il n’y a aucune tension.

Elle etait la et elle etait.

 


 

Les langues de glaces fondant, l’eau glissant entre les pierres, l’herbe et les lichens disputant l’espace au rocs, les nuages, les ruisseaux, les jokka, la riviere, la vallee, l’immense lac en contrebas, les marecages, les bouleaux, les saules, les nuages lents. Tout etait la. Une immense construction depourvu de sens, silencieuse aux oreilles des hommes.

Et pourtant, ici tout parlait une langue. La langue des ancetres, ou le lichen repond au roc, le roc a l’herbe, l’herbe au nuage et au vent, le vent au bouleau, le bouleau a la riviere, la riviere au marecage et les marecages aux myriades d’insectes. Ici rien n’etait seul.

La solitude etait la bas, au dela du lac. Car les hommes etaient seuls.


 

Asa se tenait pres du feu quand ils arriverent du Nord. Ils avaient laisse leur renes au camps, longé les lacs puis passé les cols surplombant la jokka. Ils approcherent lentement, gravissant les herbages de la colline, suivant le fin ruisseau qui menait a la Kota. Asa qui les avait vu arrive, demeurait silencieuse proste au coin du feu.

« Tjana »

Rien.

« Tu n’as pas eu trop froid, Asa, il a beaucoup plus ses derniers jours le sol est trempé. Ton bois n’est pas mouillé ? »

« Une vraie sami n’a pas besoin d’essence pour allumer un feu, meme quand il pleut ».

Elle ne releva pas son visage, ne les regarda pas. Il se tenait la debout, ne prenant meme pas ma peine de s’asseoir. A leurs yeux elles n’existait plus et il n’etait plus question pour eux de montrer une marque de respect.

Per s’avanca. « Tu dois partir la vieille, on ne peut plus t’avoir ici, il y’ a maintenant du monde qui passe, les rennes… Ils ne te veulent plus dans le coin ». Son compagnon acquiesca. « A kiruna on t’ a trouve une place, tu seras bien chauffé et nourri ».

Asa leva la tete. Elle avait les yeux sali par la fumee, d’une clarté glacante. Elle les fixa.

« Je ne descendrais pas. Je ne serais plus la demain, j’ ai un rendez vous, mais je ne descendrais pas ».

« Qu’est ce que tu vas faire la vieille. »

Elle le fixa de nouveau, son corps fatigue ne bougeait presque pas mes son visage etait animé d’une puissance soudaine. Elle les regardait fixement.

« Regardez vous »

 »

 

 

 

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